Sabbats (ou pas), Esbats (ou pas)

164.13.5.22 Uarain

Chronologiquement, c’est la toute première dissidence, celle qui a entraîné les autres, le premier point de ma spiritualité que j’ai remis en question. Ça a commencé avec la création de mon pentacle personnel (ici) et ça s’est précipité pendant l’hiver ().

J’ai expliqué un peu de quoi il retournait dans le deuxième article, mais j’ai besoin de prendre un peu de temps pour détailler davantage les choses.

Pour diverses raisons, j’ai donc décidé cet hiver de me concentrer uniquement sur les sabbats majeurs (Samhain, Imbolc, Beltane, Lughnasadh), et d’utiliser une terminologie plus nettement gaélique : Samhain [sawinn], Imbolc [imeulk], Bealtaine [bel-tinn-è] et Lúnasa [lounassa]. La célébration des 4 sabbats mineurs, basés sur les solstices et les équinoxes, était en effet devenue, au fil des années, une obligation que j’avais de plus en plus de mal à respecter parce que, pour moi, il s’agit de deux calendriers différents, deux façons différentes de voir les saisons. En effet, les fêtes celtiques (dont sont dérivés les sabbats majeurs) célèbrent les saisons agricoles alors que les solstices et équinoxes sont des événements astronomiques (le solstice se produit lorsque la position apparente du Soleil vu de la Terre atteint son extrême méridional ou septentrional ; l’équinoxe est un point de l’orbite terrestre qui est atteint lorsque le Soleil est exactement au zénith sur l’équateur terrestre… merci Wikipédia pour la définition technique).

En gros, voici comment je vois les choses :
Samhain = début et fin de l’année celtique, fin de l’automne, fin des récoltes, début de l’hiver, premières gelées
solstice de décembre = début « officiel » de l’hiver, mais la nuit la plus longue, pour moi, est plutôt synonyme de « coeur » de l’hiver
Imbolc = fin de l’hiver/début du printemps, premières fleurs (perce-neige), amendement des terres agricoles
équinoxe de mars = début « officiel » du printemps, nuit et jour ont la même durée
Bealtaine = fin du printemps/début de l’été, fructification (des pommiers entre autres)
solstice de juin = début « officiel » de l’été, journée la plus longue (même remarque que pour le solstice d’hiver)
Lúnasa = fin de l’été/début de l’automne, récoltes, battage du blé, orages
équinoxe de septembre = début « officiel » de l’automne, nuit et jour ont la même durée

En clair, mes sens (vue, odorat, ouïe) repèrent mieux le passage des saisons sur la base du calendrier celtique, certainement à cause d’un lien plus puissant avec les énergies de la Terre qu’avec celles du Soleil. Le décompte des saisons « solaires » m’a toujours paru décalé : j’ai du mal à comprendre pourquoi l’été commencerait quand le soleil commence à décliner (comme je l’ai écrit dans la liste ci-dessus, pour moi, le solstice est plutôt le coeur de la saison que son début).
Alors évidemment, le fait est que je suis une femme et que j’ai toujours eu tendance à privilégier « La »Déesse-Terre, et que j’ai plus de mal à me relier au Dieu-Soleil. Malgré tout, les divinités masculines celtes auxquelles j’ai tenté de me relier (Lugh et le Dagda surtout, vu que Cernunnos n’est pas à proprement parler celtique) n’ont pas de lien particulier avec le mouvement apparent du soleil… Lugh a, évidemment, un lien avec la fête celtique qui porte son nom. Quant au Dagda, c’est à Samhain et à Bealtaine que je parviens le mieux à m’adresser à lui. C’est peut-être (sans doute) psychologique, peut-être (sans doute) lié à ma réceptivité personnelle, mais il n’empêche que je ne ressens pas vraiment la nécessité de célébrer un moment où je ne capte pas de vibration particulière (alors que la vibration est intense aux 4 sabbats majeurs).

Voilà pour ce qui concerne le calendrier de l’année. Passons maintenant aux Esbats (les célébrations de certaines phases lunaires, selon la terminologie wiccane/sorcière).

La « tradition », le folklore, veut que les sorcières se réunissent à la pleine lune. Les abécédaires de magie en profitent pour clamer haut et fort que cette phase particulière de la Lune est bénéfique à tous les travaux magiques. Mouais… étant donné que j’ai débuté l’astrologie avant de m’intéresser à la magie, j’ai toujours trouvé qu’il y avait là une petite contradiction. Je vous explique ça de façon un peu technique.

La Lune est pleine lorsqu’elle se trouve à l’opposé du Soleil par rapport à la Terre : la Lune se lève lorsque le Soleil se couche et inversement. En astrologie, Lune et Soleil sont en opposition, un aspect généralement dissonant, c’est à dire une période de tension, (pas forcément maléfique mais où on a tendance à être agité, moins patient que d’habitude).

La phase que j’appelle Lune Noire (dark Moon en anglais… tiens, étrange coïncidence^^), le plus souvent appelée Nouvelle Lune en France, est le moment où la Lune se trouve entre la Terre et le Soleil. En astrologie, il s’agit d’une conjonction, un aspect généralement harmonique, une période plus calme où on est plus serein, plus réfléchi.

Et effectivement, j’ai toujours trouvé le moment de la Lune Noire plus propice à la concentration et à la méditation, donc pour moi un moment idéal pour le travail magique. Evidemment, j’ai toujours plaisir à voir la Lune toute ronde, lumineuse, dans le ciel. Mais en ce qui concerne le travail spirituel et magique, j’ai une nette préférence pour la phase opposée, qui me permet d’être moins « pile électrique », plus posée. En outre, depuis que j’ai commencé à travailler avec la Morrigan, j’ai remarqué qu’elle venait plus volontiers me rendre visite autour de la Nouvelle Lune. J’ai donc, tout naturellement, cessé de célébrer les Esbats de Pleine Lune (je me contente, si besoin, de prendre des « bains de lune » pour faire le plein d’énergie) et à célébrer régulièrement les Lunes Noires. Encore une dissidence/hérésie qui s’ajoute à la longue liste et qui m’a encouragée dans la décision de ne plus me dire wiccane.

A propos Caitlín Urksa nic Mhorrigan

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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Un commentaire pour Sabbats (ou pas), Esbats (ou pas)

  1. Cailleach Sicreideach dit :

    article fort intéressant! (encore une fois). Pour ma part le fait d’avoir une sorte « d’obligation » de célébré 8 sabbats par année me dérangeais et ne me plaisait pas. Du coup j’en suis venue à l’idée de ne célébré que les sabbats dit « majeur ». Déjà pour avoir un peut d’air dans ma pratique mais aussi parce que les sabbats mineurs n’ont pas une aussi grande importance à mes yeux que les sabbats majeur. Et puis je pense aussi que le fait d’avoir Morrigan comme déesse patronne y fait beaucoup sur le changement de nos pratiques tu ne pense pas?
    En tout cas merci pour tes partages si intéressant! Je pense que sa mérite une bonne réflexion tout sa! Merci et à bientôt sur tes autres articles😉

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