Les Geasa

164.13.5.21 Uarain

Définition

Dans la mythologie celtique irlandaise, la geis (prononcé [guèsh], pluriel : geasa [guèsheu]) est une incantation magique, obligatoirement orale (basée sur le pouvoir magique du verbe). Elle peut être aussi un voeu, un serment que l’on prononce et auquel on sera tenu jusqu’à la fin de ses jours. Elle a le sens d’obligation et d’interdit. La geis peut être comparée à une malédiction ou à une bénédiction : si la personne qui est sous le coup d’une geis viole l’interdit, la sanction sera le déshonneur ou la mort, mais l’observance d’une geis apporte un grand pouvoir.

La geis est d’origine divine. Ce sont souvent les femmes, parfois des déesses ou des figures de souveraineté, qui placent des geasa sur les hommes. Dans certains cas, les membres de la classe sacerdotale peuvent mettre une geis en pratique. L’incantation a force de loi, à la fois religieuse et sociale. Seule la personne/divinité qui est à l’origine de la geis peut lever l’interdit. Cette contrainte concerne essentiellement la classe guerrière, rarement les artisans, agriculteurs ou éleveurs, et jamais les druides ni les femmes.

sources : wikipedia (français et anglais), www.libraryireland.com, couroberon.com

En Pratique

Comme dans le proverbe chinois, « Fais attention à ce que tu souhaites, car tu pourrais bien l’obtenir », on peut, en prononçant un serment maladroit, se retrouver sous le coup d’une geis. N’avez-vous jamais dit « je ne ferai jamais ça » ? Et n’avez-vous pas remarqué qu’une fois ces paroles prononcées,  vous vous retrouvez bien souvent dans des situations qui vous amènent à devoir faire face à ce serment, des situations où vous vous sentez même obligés de devoir vous parjurer pour vous en sortir ?

Pour avoir vécu ce genre de choses un certain nombre de fois, j’évite aujourd’hui de prononcer les mots « jamais » ou « toujours » au futur, tout simplement parce que je crois sincèrement que les divinités prennent un malin plaisir à nous faire rompre ces serments. Certes, les conséquences de tels parjures sont rarement dramatiques, mais je pars du principe qu’il vaut mieux éviter de parier avec les divinités (si vous voyez ce que je veux dire…).

Depuis que j’ai commencé à travailler avec la Morrigan, j’avoue que je suis devenue encore plus prudente dans la formulation de mes demandes et dans l’expression de mes souhaits, justement parce qu’elle ne transige pas : si on lui promet quelque chose qu’on omet de faire, elle n’a de cesse que de nous rappeler cette promesse. La rédaction des voeux que j’ai prononcés lors de mon engagement envers elle m’a demandé beaucoup de réflexion, et j’ai tempéré chaque voeu d’un « dans la mesure de mes capacités ». Non pas parce que j’avais l’intention de ne pas les respecter, mais parce que, d’expérience (chaque fois que j’ai dit « je fais voeu de silence pendant une heure », j’ai reçu un coup de téléphone ou une visite qui m’a obligée à rompre mon voeu – systématique!), je sais qu’il est toujours possible de se retrouver dans l’impossibilité de respecter ses voeux.

18h45 : Le côté psychologique de ce genre de chose est, bien entendu, évident : il n’y a rien de magique dans le fait que si je me persuade que je vais échouer dans telle ou telle tâche, je me programme inconsciemment pour l’échec, et je fais pencher la balance en faveur de l’échec. Les geasa, à mon avis, fonctionnent dans le même sens : en imposant une contrainte (interdiction ou obligation) à un individu, la volonté agissante influe sur le destin de cette personne, puisque, à situation donnée, la personne sous le coup d’une geis (et consciente de cet état) n’aura pas la même liberté de choix que la personne qui n’est pas tenue à la contrainte.

Prenons un exemple simple : des jumeaux, Toto et Titi,  naissent. Pour Toto, quelqu’un prononce la geis « celui-ci mourra à cause d’un train ». Pour Titi, rien n’est dit. Forcément, comme tout le monde autour de Toto (et Toto lui-même, lorsqu’il est en âge de comprendre) connaît l’existence de la geis, la réaction naturelle sera « il faut absolument éviter que Toto prenne le train », et le destin de Toto sera obligatoirement différent de celui de son jumeau qui, lui, sera libre de prendre le train (et donc de voyager, de rencontrer des gens différents, etc.). Et le double tranchant (qui est évident dans mon exemple), c’est que Toto ne se méfiera pas de cette voiture qui arrive en face de lui, conduite par une personne pressée de prendre son train, et qui double alors qu’elle ne devrait pas… Titi, lui, ne « sachant » pas d’où peut venir le danger, aurait sans doute fait davantage attention.

Pour en revenir à mes pratiques spirituelles et/ou magiques, je crois dur comme fer à la force des geasa, et je pense que, si dans la mythologie, elles étaient uniquement imposées aux hommes (et encore, pas n’importe lesquels), ce n’est plus le cas aujourd’hui : hommes et femmes de tous horizons peuvent se retrouver sous le coup d’une geis, qu’elle soit divine ou sociale. Pour avoir déjà travaillé le côté psychologique grâce aux affirmations positives, j’ai bien envie de creuser un peu de travail de ce côté (même si je ne sais pas encore précisément sous quelle forme).

A propos Caitlín Urksa nic Mhorrigan

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
Cet article, publié dans Chrysalide, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Les Geasa

  1. Salvaquaria dit :

    Si j’ai bien compris les geasa désignent des paroles qui influent sur le cours des choses, soit psychologiquement (par réaction propre face à ces paroles) soit énergiquement (par le biais des entités qui déjouent ou affirment nos dires à travers nos actes).
    Et donc ce qui ressort de tout cela, c’est de faire attention à ce que l’on dit ou prend à distance ce que l’on entend.
    C’est bien expliqué mais assez complexe. C’est pour cela que je me permets de demander si j’ai bien compris le message de cet exposé🙂

    • Oui, c’est effectivement bien résumé : lors d’un travail magique, je pense qu’il est important de peser chaque mot qu’on va prononcer, parce que toute parole a un double impact (à la fois psychologique et énergétique). Il suffit parfois d’un mot maladroit pour que le résultat espéré soit compromis, ou pire, qu’il tourne à l’inverse de ce qu’on souhaitait obtenir.
      Si je prends l’exemple des « affirmations positives » (qui sont un stimulus psychologique), parmi les caractéristiques de ces petites phrases, on trouve : toujours les exprimer au présent (dire « j’obtiens ce travail » au lieu de « je vais obtenir ce travail »), ne pas utiliser la forme négative (dire « je réussis mon examen » au lieu de « je ne vais pas rater mon examen »), etc.
      Je sais que l’article est un peu embrouillé, parce que je n’ai pas encore commencé à mettre vraiment en pratique au niveau magique (en même temps, je ne suis pas une grande « faiseuse de magie »), j’y reviendrai sûrement lorsque les choses seront plus « posées »😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s