Les Vierges Noires

(article publié à l’origine ici le 19 avril 2009). Je le re-publie ici parce que je pense qu’il complète certaines choses évoquées dans d’autres articles de ce blog.

Les Vierges noires sont des représentations de la Vierge Marie qui appartiennent au Moyen Âge européen. La plupart sont des sculptures produites entre le 11e et le 15e siècle (parfois aussi des icônes de style byzantin des 13e et 14e siècles). Elles tirent leur nom de la couleur sombre de leurs visages et de leurs mains.

Vierge Noire de Lenne (Aveyron)

Portrait type d’une Vierge noire
La statue mesure environ 70 cm de hauteur (certaines ne font pas plus de 30 cm de haut, d’autres dépassent le mètre). Elle est en bois, généralement du chêne, du poirier, du tilleul, plus rarement du cèdre, du genévrier ou de l’ébène. La plupart du temps, le bois n’est pas identifiable car la statue est marouflée et peinte. Ses vêtements sont peints en bleu ou vert, blanc et rouge, avec des garnitures dorées.
C’est une Vierge en Majesté : elle est assise dans une pose princière sur une cathèdre (siège sans dossier ou avec un dossier court) et elle porte un enfant dans son giron ou sur son genou gauche. Son visage est noble, souverain, et ne reflète aucune tendresse. Le visage de l’enfant est souvent moins soigné.

reproduction de la Vierge Noire du Puy en Velay

Selon l’Église catholique, il n’existe aucun fondement théologique à la couleur noire de ces statues. Jusqu’au milieu du 20e siècle, cette couleur était expliquée par la fumée des cierges, par le choix du matériau (ébène, acajou ou bois local), par l’âge et l’oxydation ou par la noirceur des péchés des fidèles! Dès qu’elle le peut, l’Eglise escamote les Vierges Noires et, depuis le 19e siècle, beaucoup ont été remplacées par des représentations plus conformes, ou simplement repeintes en blanc.

Le culte marial
Le culte de la Vierge Marie n’aurait probablement pas connu un tel succès s’il ne s’était appuyé sur différents cultes féminins, venus du plus profond de notre histoire.
Dans les débuts du christianisme, il n’était guère question de la Vierge Marie. Dans le Nouveau Testament, son rôle est secondaire : elle n’est que la mère biologique de Jésus. La dévotion mariale apparaît timidement à partir du 2e siècle, et les premières églises consacrées à la Vierge datent de la fin du 4e siècle et du début du 5e.
A partir du Moyen-Age, la Vierge Marie prend une place considérable dans la spiritualité chrétienne. Entre 1170 et 1270, pas moins de 80 cathédrales dédiées à Notre-Dame et 500 églises seront édifiées à sa gloire.

gravure de la Notre Dame de Sous Terre à Chartres

Mais la plus grande partie de ces monuments seront bâtis sur des sites déjà consacrés par la présence d’une statue de Madone, le plus souvent noire et généralement pré-chrétienne. Ces vierges majestueuses, tenant un enfant de face sur leurs genoux, sont l’objet de pèlerinages et sont liées à des rites de fertilité, de fécondité et de sexualité. Ce ne sont pas là les attributs ordinaires de la Mère de Dieu! L’Église tente donc de promouvoir une Marie plus conforme à son idée de la femme : pure, immaculée, chaste et asexuée. Terrestres, liées au monde souterrain et à la sexualité, dotées de pouvoirs miraculeux fort peu chrétiens, les Vierges noires seront ainsi associées à Marie-Madeleine, la compagne de Jésus.

Vierge Noire de Saint Gervazy (Puy de Dome)

Les Vierges Noires paraissent avoir été vénérées comme des symboles des courants souterrains d’énergie tellurique. Cette énergie et les courants qui la portaient avaient un nom : la Vouivre, le « serpent ». Les Anciens ne choisissaient pas leurs lieux de culte au hasard, et les points de rencontre de plusieurs de ces courants devenaient des lieux sacrés, signalés par un menhir ou une statue sacrée, qui étaient censés agir comme des condensateurs d’énergie. Dans leur forme première, les pèlerinages n’étaient donc pas d’essence religieuse, mais avaient comme objectif un contact privilégié avec les énergies de la Terre.
L’Église ne pouvant pas détruire les anciens lieux sacrés, il fallait donc se les réapproprier en construisant des églises et des cathédrales sur les anciens lieux où se manifestait la Vouivre, sur l’emplacement de temples païens, de pierres levées, ou de tables de sacrifice.
L’Eglise romaine a eu bien du mal à éliminer ces cultes païens et finalement, elle a dû en intégrer quelques-uns dans ses dogmes. La Vierge, par syncrétisme, s’est substituée naturellement aux déesses Mères païennes, blanches ou noires.

Vierge Noire de Rocamadour

Symbolisme
Avec les Vierges noires, nous sommes dans le domaine des symboles. Au Moyen-Age, et de surcroît dans le domaine du sacré, tout à un sens, un but précis, une fonction, une signification. Les couleurs notamment ne sont pas choisies au hasard, chacune a un impact symbolique.

Les couleurs présentes sur les statues des Vierges Noires s’apparentent aux couleurs alchimiques. Dans les opérations alchimiques, la matière première (materiae prima) se transforme en se colorant : oeuvre au noir (putréfaction), oeuvre au blanc (purification) et oeuvre au rouge(rubification, action du feu secret). Quant à la couleur dorée, elle correspond la transmutation des métaux vulgaires en or (symbole de la perfection initiatique).

Le noir, donc, symbolise la mort initiatique, l’hiver, la putréfaction (idem pour le bleu nuit). Cette mort initiatique a lieu dans une caverne ou une grotte, une crypte ou un tombeau : c’est le retour dans l’utérus de la mère. C’est d’ailleurs pour cela que le Christ est né la nuit de Noël à minuit, à l’heure la plus noire de la nuit la plus longue.
Puis vient le temps de la résurrection. L’épouse intervient, elle va chercher l’homme-dieu dans la caverne, l’utérus. Sinon, il n’y a pas d’évolution possible, pas de résurrection, la mère dévore l’enfant et le grain ne germe pas, il meurt à tout jamais. La Vierge Noire symbolise le passage de la Mère à l’Epouse. Lorsqu’on observe ces statues, on remarque que l’enfant n’est pas un nouveau né, mais un jeune homme, ou un homme sans âge, de la taille d’un enfant. L’enfant ne représente pas le Christ, mais celui qui, par l’initiation, devient le fils de la vierge Noire. Il est noir comme elle parce qu’il a acquis la connaissance des Mystères, et il est assis dans son giron parce qu’il sort de ses entrailles. Il n’y a pas de sentimentalité exprimée car ce n’est pas une scène familiale. Les liens qui les unissent sont ceux de l’esprit, non ceux de chair.

Vierge Noire d'Orcival

Ajouts.
La Vouivre et Lilith

Lorsqu’on creuse un peu la question, lorsqu’on regarde derrière le masque chrétien, on trouve chez les Vierges Noires une association avec l’énergie tellurique, celle qui vient des entrailles de la Terre, point sur lequel on peut s’interroger puisque c’est sous terre que nombre de chrétiens situent l’enfer… D’ailleurs la Vouivre qui symbolise les énergies telluriques est dépeinte sous la forme symbolique d’une femme-serpent ailée, représentation qui a aussi servi à l’imagerie entourant Lilith, ce démon femelle que le Zohar traite de prostituée, de Fausse, de Noire. Lilith, selon une tradition hébraïque, serait la première compagne d’Adam, avant Eve (et contrairement à Eve, Dieu créa Lilith en même temps qu’Adam, et de la même substance). Lilith reproche à Adam de vouloir la dominer et s’enfuit du jardin d’Eden, pour s’installer avec Samaël (autre nom de Lucifer, le Porteur de lumière) dans la vallée de Gehenne, l’enfer. Lilith, qui représente les facettes les plus sombres de la féminité, l’opposé de l’instinct maternel et nourricier, fait peur aux hommes qui toutefois la désirent secrètement. Mais Lilith existait bien avant le christianisme… Son nom sumérien est ki-sikil lil-là, la jeune femme aérienne, ce qui indique qu’à l’origine, Lilith était un démon femelle mésopotamien des tempêtes et du vent. Son nom fut ensuite simplifié par les sémites babyloniens et hébreux en Lilitû, traduit littéralement en « être féminin de la nuit », puis Lilith. On la retrouvera plus tard sous les traits d’Isis, la déesse de l’Égypte ancienne, qui porte des ailes sur de nombreuses représentations. Ce qui nous ramène à la présence, dans la plupart des cultes pré-chrétiens de Déesses-Mères (ou Déesses-Terre) complexe, représentant les aléas de la nature aussi bien que les moissons abondantes, la création et la destruction, la fertilité et la mort, la lumière et l’obscurité à la fois.

Je suis la Nature, mère des choses, maîtresse de tous les éléments, origine et principe des siècles, divinité suprême, reine des Mânes, première entre les habitants du ciel, type uniforme des Dieux et des Déesses. C’est moi dont la volonté gouverne les voûtes lumineuses du ciel, les souffles salubres de l’océan, le silence lugubre des enfers. Puissance unique, je suis par l’univers entier adorée sous plusieurs formes, avec des cérémonies diverses, avec mille noms différents.
Les phrygiens, premiers nés sur terre, m’appellent la déesse-mère de Pessinonte ; les Athéniens autochtones me nomment Minerve la Cécropienne ; chez les habitants de l’île de Chypre, je suis Vénus de Paphos ; chez les Crétois armés de l’arc, je suis Diane Dictynna ; chez les Siciliens qui parlent trois langues, Proserpine la Strygienne ; chez les habitants d’Eleusis, l’antique Cérès. Les uns m’appellent Junon, d’autres Bellone; ceux-ci Hécate, ceux-là la déesse Ramonte. Mais ceux qui, les premiers, sont éclairés par les rayons du soleil naissant, les peuples d’Ethiopie, de l’Asie et les Egyptiens, puissants par leur antique savoir, ceux-là me rendent mon véritable culte et m’appellent de mon vrai nom : la reine Isis.
Apulée, Métamorphoses XI

Isis
Les statues d’Isis assise avec son fils sont généralement de couleur sombre. L’Isis Noire (Black Isis) était une magicienne, déesse de l’amour, du sexe, de la mort et du destin. Lorsqu’on regarde le soi-disant « enfant » qui se trouve sur ses genoux, on se rend compte que, là aussi, les proportions sont celles d’un jeune homme, ce que les détails de la sculpture confirment. Il y a une parenté certaine entre ces statues d’Isis et celles des Vierges Noires.

Les Celtes et le christianisme
Parmi les déesses adorées par les tribus celtes du pays gaulois, on peut citer Bélisama (la très brillante), soeur et épouse de Bélénos, associée au feu, à la fabrication des armes et aux arts ; et Epona, déjà évoquée dans l’article Souveraineté et celui sur Uffington. Epona est associée au cheval qui, dans l’imagerie celte, est un animal chthonien, porteur de vie aussi bien que de mort, symbole de la fécondité et de puissance créatrice, à la fois sexuelle et spirituelle. Est-il besoin de rappeler que les rois celtes d’Irlande, à l’occasion du rituel de couronnement (et de souveraineté), s’accouplaient avec une jument, qui était ensuite sacrifiée, et dont le roi buvait le sang après s’y être baigné ? Tous ces thèmes (le feu, les armes et par extension la guerre, le cheval) renvoient immanquablement au Féminin Sombre.

Le Christianisme, lorsqu’il commence à se propager en Gaule, butte sur ces cultes anciens voués à une déesse qui régit à la fois la fécondité et la mort. Ne parvenant pas à détourner les peuples locaux de leur vénération, malgré la répression sanglante contre les cultes païens (435 : édit confirmant la peine de mort pour les païens pratiquants) et les tentatives infructueuses pour éradiquer les reliquats de paganisme (789 : loi contre le culte des arbres, des pierres et des fontaines ; 794 : loi qui oblige à couper les arbres sacrés ; 800 : Charlemagne ordonne la destruction des pierres païennes), cette religion pourtant patriarcale va peu à peu introduire le culte marial, qui prendra une dimension incomparable au 12e siècle, notamment avec Bernard de Clairvaux qui, en nommant la Vierge Marie « Notre Dame », en fait la figure de proue de la chrétienté franque. Car cette expression, « Notre Dame », permet de regrouper de très nombreuses pratiques encore vivaces sous la bannière de Marie. Est-ce une coïncidence si les statues des Vierges Noires apparaissent au 11e siècle et se répandent comme une traînée de poudre aux 12e et 13e siècles ?

Chartres… et conclusion
J’ai visité Notre Dame de Chartres à deux reprises, je me suis extasiée sur son labyrinthe (accessible les vendredis, jour de Vénus), j’ai frémi près du puits des Saints Forts (d’origine celtique et druidique) et admiré Notre Dame de Sous Terre, reproduction de la Vierge Noire originelle. Ma deuxième visite m’a encouragée à faire des recherches plus poussée sur ce lieu que je considère comme sacré, alors que je n’ai aucune affinité avec le christianisme. Mais la cathédrale de Chartres est bien davantage qu’un édifice chrétien ! La ville fut la capitale d’un des plus célèbres peuples gaulois, les Carnutes. Leur principale richesse est l’exploitation agricole de la Beauce, en grande partie défrichée depuis le néolithique, et un commerce actif. Les Celtes avaient des bois sacrés (nemeton) où les druides se rassemblaient pour parler des affaires religieuses et politiques. De nombreux auteurs, dont Jules César, situent le coeur spirituel du monde Gaulois dans la Forêt des Carnutes. L’écrivain Louis Charpentier place ce lieu dans un territoire « tabou » situé aux confins des sphères d’influence de quatre grands peuples Gaulois : Les Carnutes, les Bituriges, les Senones et les Eduens.  La cathédrale de Chartres a été bâtie sur un puits celtique, dit puits des Saints Forts (anciennements Lieux Forts), qui fut comblé et caché au milieu du XVIIe siècle. Certaines traditions évoquent une ancienne grotte druidique ainsi qu’une statue de déesse mère. Cette statue légendaire, la « Vierge devant enfanter » serait, selon certains, le modèle de Notre Dame de Sous Terre.

Notre Dame de Sous Terre (actuelle)

Quoi qu’il en soit, il est clair pour moi que cette la Vierge Noire, de Chartres ou d’ailleurs, n’a que des liens très ténus avec le christianisme. Elle est noire comme l’humus riche de la décomposition de végétaux, elle est souterraine, liée aux ténèbres de la caverne (cette même caverne qui est un symbole de la matrice), et elle porte sur ses genoux un « enfant » adulte, l’humain qui, après avoir été dévoré par Elle, sort de la Caverne primordiale, initié aux Mystères de la Déesse Sombre.  Même le visage de la Vierge Noire, apparemment dépourvu de sentiments, révèle l’aspect sombre de la Déesse : l’initiatrice sans pitié qui nous soumet à des épreuves pour nous faire atteindre l’illumination.

Sources diverses dont wikipedia, dinosoria, onnouscachetout.com, marie-madeleine.com, viergesnoires

A propos Caitlín Urksa nic Mhorrigan

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
Cet article, publié dans Grotte des Découvertes, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

6 commentaires pour Les Vierges Noires

  1. J’ai toujours trouvé interessante cette histoire de culte de la Déesse sous les traits de la vierge Marie. Par contre je n’avais jamais entendu parler des vierges noires. Je trouve ça vachement interessant et j’aimerai beaucoup en voir une (surtout si on y ressens les énergies de la terre). D’ailleurs tu les avais senties toi alors?

  2. J’ai visité chartres 2 fois : la 1e avec mes parents à l’époque où je débutais mon cheminement (88 si ma mémoire est bonne), et la 2e, avec des amis, l’année qui a précédé ma dédication (93). Les 2 fois, la cathédrale et le labyrinthe ont eu un effet puissant sur moi, mais la 1e fois, je ne connaissais pas encore l’existence (et encore moins le symbolisme) de la Vierge Noire. Je n’ai visité la crypte que lors de ma 2e visite (bravant ma claustrophobie pour aller ressentir de plus près le passé de ND de Chartres), en sachant un peu plus de choses mais pas autant qu’aujourd’hui. Sincèrement, j’ai trouvé la statue elle-même trop « entourée de chrétienté » à mon goût, mais étais-je prête ? (j’en doute, et je me dis qu’une 3e visite m’apporterait sans doute d’autres ressentis)… par contre le puits m’a procuré des sensations certes moins intenses, mais tout de même similaires à celui de Chalice Hill à Glastonbury : une oppression d’abord (peut-être un peu claustrophobique), puis des frissons « électriques » qui remontent les pieds à la tête, et une certitude de « présence immense ». Je ne peux pas que j’ai ressenti les énergies de la terre, mais je peux affirmer que j’ai ressenti une énergie puissante et la présence de la Déesse. Ce que j’ai appris, après coup (parce que j’ai voulu en savoir plus), sur les Vierges Noires n’a fait que confirmer mon interprétation de ces ressentis.
    Recherche faite sur http://viergesnoires.marie-madeleine.com/carte.htm : il y a 4 Vierges Noires encore visibles dans ton coin du monde : à Bailleul – N-D de Hal, à Cambrai – N-D des grâces, à Cassel – N-D de l’Astragale, et à Lille – VN -chapelle de l’Hôpital de l’église Saint-Sauveur.

    • Ca à l’air incroyable à vivre. Tu as beaucoup de chance. Ah🙂 C’est super gentil d’avoir regardé pour moi, j’irais voir celle de Lille bientôt alors et je t’en dirai des nouvelles😉

  3. Eilean dit :

    Superbe article, merci beaucoup pour ce partage🙂

  4. Eirina dit :

    Vraiment passionnant tout ça ! J’ignorais qu’il y avait une vierge noire à Lille…comme j’y passe parfois, je penserai à lui rendre visite la prochaine fois…je rêve depuis un bout de temps d’aller à Chartres voir le labyrinthe, et encore plus après avoir lu ton témoignage, ce doit être puissant !

  5. Iléan dit :

    Merci pour ce très bel article que j’ai énormément apprécié.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s