Uffington

Le fait de dessiner des géoglyphes sur les pentes herbeuses des collines anglaises est une activité qui remonte à plus de 3000 ans. Il y a 56 « hill figures » en Angleterre : géants, chevaux, croix et autres, dont la grande majorité se situe sur les collines crayeuses dans la partie méridionale de l’île. La plupart de ces géoglyphes ont été créés lors des 300 dernières années environ, mais il y en a un ou deux qui sont beaucoup plus anciens. Le plus ancien de ces géoglyphes, le cheval blanc d’Uffington, est également beaucoup moins controversé que le Géant de Cerne Abbas et l’énigmatique Long Man de Wilmington.

Le cheval blanc d’Uffington est un géoglyphe préhistorique hautement stylisé, long de 111 m (du bout de la queue à l’oreille). Sa silhouette est située sur la pente supérieure de White Horse Hill, à Uffington (Oxfordshire actuellement, précédemment dans le Berkshire), à quelques 8 km au sud de la ville de Faringdon et à une distance semblable à l’ouest de Wantage.

Ce géoglyphe date de quelques 3000 ans, l’Age du Bronze, comme l’ont prouvé des recherches archéologiques de 1994. Ces études ont fourni 3 dates situées entre -1400 et -800. Des pièces de l’Age de Fer portant une représentation comparable au cheval blanc d’Uffington ont également été découvertes, confirmant la datation la plus ancienne du géoglyphe. De nombreux sites préhistoriques importants sont situés aux environs, dont Wayland’s Smithy, un tumulus long situé à moins de 2 km à l’ouest.

D’autres chevaux blancs ornent les collines du Wiltshire, le comté voisin, mais le cheval blanc d’Uffington est de loin le plus ancien. Les autres chevaux blancs ont été créées lors des 3 derniers siècles, bien que les origines de certains soient impossibles à établir avec certitude.

Ces représentations se situent souvent juste en dessous des collines fortifiées de l’Age de Fer, au sommet des escarpements crayeux. Elles sont créées en coupant et en ôtant l’herbe pour révéler la craie en dessous, et généralement l’excavation est ensuite remplie de gravillons de craie. Un entretien régulier est indispensable pour que les gravures survivent. Il faut enlever l’herbe qui repousse à la surface, compléter le remplissage de gravillons de craie, redéfinir le pourtour, etc. Si cet entretien n’est pas fait régulièrement (tous les 7 ans environ), le cheval est envahi et finit par disparaître.

Le cheval blanc d’Uffington est tourné vers la droite (parmi tous les chevaux blancs, il n’y en a que 4 qui soient tournés dans ce sens). Non seulement il est beaucoup plus ancien que les autres, mais il est aussi d’un dessin très différent, avec ses courbes stylisées. Les lignes qui le forment ont une largeur de 3 mètres ou moins, alors que ses camarades sont des dessins plus ou moins naturalistes, la craie étant totalement découverte pour former la silhouette. Par ailleurs, avec ses 111m de long, le cheval d’Uffington est au minimum deux fois plus grand que les autres chevaux plus tardifs. La plupart des chevaux blancs du Wiltshire datent du 18e siècle. Sans doute ont-ils été inspirés par celui d’Uffington, dont l’existence est enregistrée pour la première fois dans le cartulaire de l’Abbaye d’Abingdon (vers 1070).

Au cours de l’histoire, la forme du cheval a changé. Sa silhouette actuelle n’est qu’une partie de l’original : la photographie aérienne montre qu’elle recouvre une silhouette plus grande et plus conventionnelle. La perte de forme a été causée par glissement de la couche supérieure du sol, et par l’entretien répété. La tête possède actuellement un oeil et une sorte de bec ou de défense.

Le but premier de ce géoglyphe est inconnu. Il a pu être un marqueur territorial ou un symbole de fertilité. Les archéologues modernes ont tendance à penser qu’une tribu locale a voulu laisser sa marque sur le paysage pour montrer sa puissance. C’est peut-être le cas, les humains ayant toujours essayé d’impressionner les étrangers par de tels exploits. Mais on peut se demander alors pourquoi les autres tribus de la Bretagne préhistorique n’ont pas, à leur tour, fait de même. Une autre explication est qu’il s’agit là d’un symbole religieux. Certains ont suggéré que le cheval blanc d’Uffington pourrait avoir des liens avec Epona, qui était vénérée dans le monde celtique, et, bien que le cheval d’Uffington soit antérieur au culte d’Epona, il est tout à fait possible qu’il y ait une connexion.

A quelques mètres au sud du cheval, on trouve Uffington Castle, un fort construit à la même époque, apparemment pour des raisons rituelles plutôt que dans un but résidentiel ou de défense. Entre Uffington Castle et le cheval blanc, il y a une séries de tumuli. Le plus ancien et le plus grand (appelé pillow mound) date du néolithique, bien avant que le fort et le cheval ne voient le jour. A l’intérieur on a découvert 50 squelettes, nombre d’entre eux étant sans crâne. Un peu plus loin, à quelques 2km le long du Ridgeway, la plus vieille rute d’Angleterre, on trouve le tumulus de Wayland’s Smithy, érigé par un peuple plus ancien. Et juste sous le cheval d’Uffington, il y a Dragon Hill où, selon la légende, St Georges a terrassé le dragon. La forme presque symétrique de Dragon Hill suggère que la colline a été délibérément modelée par l’homme, probablement pour des raisons religieuses.

Au vu de tout ceci, il semble plus que probable que le cheval blanc ait eu un but spirituel, plutôt que simplement territorial. Le nécessaire entretien du cheval, en outre, donne plus de crédibilité à cette origine religieuse.

1 – Cheval Blanc ; 2 – Uffington Castle ; 3 – Dragon Hill
4 – The Manger (la Mangeoire) ; 5 – Tumuli ; 6 – Ridgeway

Sources : www.pegasusarchive.org, brian-haughton.com, www.berkshirehistory.com, www.english-heritage.org.uk, www.hows.org.uk, wiltshirewhitehorses.org.uk

A propos Caitlín Urksa nic Mhorrigan

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
Cet article, publié dans Grotte des Découvertes, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Uffington

  1. Quentin dit :

    Je trouve que quelques chose ne va pas. La queue est trop longue pour être un cheval. La queue est plus longue que les pattes.De plus la moustache? Ce géoglyphe géant est selon moi plus de type félin que chevaline…

  2. Quentin dit :

    On peut comparer avec le cheval blanc de Westbury.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s