Où que tu sois…

Cette journée est difficile, comme l’ont été les semaines de matraquage médiatique et commercial, avec chaque fois, dans ma petite tête, un grognement et un « ouais bin moi j’ai plus de maman » qui me fait toujours monter les larmes aux yeux, même si ça va bientôt faire 4 ans qu’elle est partie…

Et avec ce grognement, une rage presque incontrôlable contre ce foutu système qui a décrété qu’il n’y avait qu’une journée par an pour fêter les mamans… comme si les mamans n’étaient pas les personnes si précieuses qui nous donnent le jour, l’amour et la tendresse pendant toute l’enfance, qui nous enseignent tant de choses et sont toujours là, quoi qu’il arrive, lorsque la vie nous fait mal. Et dont l’absence est un vide terrifiant, une douleur incurable, une plaie au coeur qui ne se referme jamais…

Même si je sais que la décision prise aujourd’hui ne changera rien aux larmes qui coulent au fur et à mesure que je tape ces mots sur mon clavier, même si je sais que certains penseront que c’est ridicule ou irrespectueux, ou je ne sais quoi, je vais me tenir à cette décision : désormais, le dimanche de la fête des mères sera pour moi consacré (au sens vrai du terme) à Celle qui m’accompagne depuis un peu plus de 4 ans. D’abord parce que c’est à peu près à cette époque qu’Elle est venue me prêter main forte pour affronter le décès et le deuil. Ensuite parce que, puisqu’Elle est Déesse Sombre, Elle est maîtresse de l’initiation et par conséquent Mère Sombre dévoreuse. Et puis tout simplement parce que ça m’évitera de me taper la tête contre les murs chaque année à la même époque (c’est déjà une période assez difficile psychologiquement, qui fait remonter les souvenirs déchirants de fin mai-début juin 2007, et j’ai besoin, pour ma santé mentale, de lutter contre cet effet « anniversaire »).

Enfin, où que tu sois Maman, je sais que ma Dame Sombre fait le lien entre nous et que tu fais partie d’Elle. Quand Elle m’inspire, tu n’es jamais bien loin, quand Elle me pousse en avant, je sais que tu souris, et quand je pleure ton absence comme aujourd’hui, Elle entrouvre la porte pour qu’un souffle léger me fasse entendre ta voix qui me console…

bonne fête Manou, où que tu sois...

A propos Caitlín Urksa nic Mhorrigan

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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