Question de langue…

Vous avez peut-être remarqué, si vous avez regardé de près la photo de mon pentacle dans l’article précédent, que je n’ai pas mis les noms habituels des sabbats wiccans. Caprice de la Muse ? Pas vraiment. Cela fait un grand moment déjà que je n’utilise plus les termes « Ostara », « Litha » et « Mabon » dans ma pratique personnelle (Yule a survécu mais cède peu à peu du terrain), et que j’utilise tout simplement « équinoxe » et « solstice » à la place. Pourquoi ? Pour Ostara, j’avais déjà évoqué la question dans l’équinoxe de printemps et le bélier :

Au passage, la plupart des traditions néo-païennes nomment l’équinoxe de printemps Ostara. Historiquement, c’est incorrect : Ostara est une fête honorant une déesse lunaire lors de la pleine lune de printemps. Par conséquent, le nom Ostara devrait être réservé à l’Esbat le plus proche, et non au Sabbat lui-même. Le nom traditionnel de l’équinoxe de printemps est ‘Jour de la Dame’, bien que ce nom soit parfois utilisé pour désigner Beltane par les mêmes néo-païens.

Pour Litha et Mabon, c’est encore pire ! Le terme Litha est d’usage récent, probablement dérivé d’un mot Saxon (si j’en crois wikipédia : « un nom apparaissant dans De Temporum Ratione de Bede (7e siècle), qui fait la liste des noms anglo-saxons, obsolètes à l’époque,  pour les mois. Ærra Liða correspond grosso modo au mois de Juin de notre calendrier, et Æfterra Liða au mois de Juillet. Bede écrit que Litha signifie ‘calme’ ou ‘navigable’, parce que lors de ces deux mois, les brises sont calmes et favorables aux marins »… rien de bien spirituel là dedans). Mabon est le nom d’un dieu-héros du Mabinogion gallois ‘Mabon ap Modron’, qui signifie ‘Fils de la Mère’, et son utilisation date des années 1970. Yule, pour finir, (selon le vénérable Bede) « est l’équivalent en anglais moderne des mots saxons ġéol ou ġéohol et ġéola or ġéoli, les premiers indiquant la fête elle-même, les suivants indiquant le mois : ǽrra ġéola se référant à la période avant la fête de Yule (Décembre) et æftera ġéola se référant à la période après le fête de Yule (Janvier) ». Les peuples germaniques et scandinaves appellent cette fête Jul, Jõul, Joulu, Jól, etc. et si elle est de nos jours fortement reliée à Noël, elle est bel et bien païenne d’origine.

Quoi qu’il en soit, ma fibre linguiste (on ne se refait pas, termes techniques à l’horizon) ne trouvant pas logique de mêler dans une même unité de sens (le calendrier wiccan) des mots aussi disparates (4 fêtes celtiques, 2 mois saxons/nordiques, 1 nom de divinité galloise et 1 fête dédiée à une déesse germanique), au moment de mettre des noms sur mon pentacle (puisqu’il est basé sur la Roue de l’Année), je me suis retrouvée bien embêtée : sur un pentacle résolument celtique, ça faisait un peu bancal ! Alors je suis partie à la recherche d’informations et de traductions dans la langue des Gaels (parce que tant qu’à utiliser des mots gaéliques, autant le faire correctement) et j’en suis revenue avec 8 noms pour mes stations de la Roue…

Samhain (actuel nom du mois de Novembre en irlandais, qui signifierait ‘fin de l’été’ et qui se prononce ‘sawinn’),
Geimhridh (qui se prononce ‘guèri’ et qui veut dire hiver),
Imbolc (c’est de l’irlandais ancien, qui signifierait ‘dans le ventre’ – par rapport à la gestation des brebis – et qu’on peut prononcer ‘immbeulk’ ou ‘imeulk’),
Earrach (qui signifie ‘printemps’ et qui se prononce arraH, avec le rr roulé et le H guttural de loch ou de Bach, qui ressemble aussi à la jota espagnole),
Bealtaine (actuel nom du mois de Mai en irlandais moderne, qui signifie ‘feu brillant’ et qui se prononce ‘bel-tinn-è’ – oui je sais, ça surprend, la prononciation gaélique),
Samhradh (qui signifie ‘été’ et se prononce ‘saw-rra’),
Lúnasa (le mois d’Août en irlandais moderne, prononcé ‘lounassa’, avec la même signification que Lughnasadh ‘fête de Lugh’)
et Fómhair (qui signifie ‘automne’ et se prononce ‘fowarr’)

Evidemment, pour la communication avec les autres païens, je continuerai à utiliser la terminologie habituelle (Samhain, Imbolc, Beltane, Lughnasadh et les solstices/équinoxes), mais je pense que je vais définitivement adopter ces appellations pour ma pratique personnelle, d’autant que ça cadre mieux avec la tournure que prennent les choses du côté des divinités (celtes depuis toujours, mais de plus en plus irlandaises depuis quelque temps)

A propos Caitlín Urksa nic Mhorrigan

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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2 commentaires pour Question de langue…

  1. Huath dit :

    il y a aussi les appellations druidiques pour éviter les noms wiccans:

    Alban Arthan (lumière de l’Ours) solstice d’hiver
    Alban Eilir (lumière de la terre) équinoxe de printemps
    Alban Hefin (lumière du rivage) solstice d’été
    Alban Elfed (lumière de l’eau) équinoxe d’automne

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