Un rêve…

Je n’ai pas pour habitude de noter mes rêves, mais celui-ci, que j’ai fait entre Mabon et la Lune Noire d’octobre, m’a marquée. Je pense qu’il est à l’origine de ma décision de me consacrer à la Morrigan, son intensité était telle qu’il m’a poursuivie pendant plusieurs jours.

Evidemment, le raconter n’est pas simple, mais je vais m’y efforcer. Au début, je suis dans une forêt sombre, c’est la nuit, il fait froid et il y a du brouillard. Le sol est jonché de feuilles et de branches mortes, de champignons, de pierres humides et acérées. L’odeur d’humus est forte, prenante, désagréable, et le chemin que je suis, tant bien que mal, pieds nus, est sinueux et difficile. Les pierres me blessent les pieds, ils sont en sang.

Au détour du « chemin », j’aperçois l’entrée d’une caverne, très noire. J’y entre, même si l’obscurité est totale, terrifiante. Tout autour, des bruits d’eau qui goutte, qui résonnent de manière lugubre. J’entends aussi des chuchotements, des ricanements fantomatiques, et je perçois des frôlements glacés sur mon visage, mes bras et mes jambes au fur et à mesure que je descends dans les profondeurs de la caverne.

Au bout d’une longue descente difficile car la pierre humide est glissante, j’arrive dans une grande salle intraversable car il s’agit d’un lac souterrain. Le décor fait vraiment film d’horreur, avec des brumes mouvantes, des sortes de bouillonnements dans l’eau noire, des odeurs nauséabondes de moisissure et de pourriture. Sur l’autre rive, je vois une sorte de porte qui est vaguement éclairée de lueurs, comme un feu distant qui brûle. Je sais que je dois traverser le lac à la nage pour atteindre cette porte. La traversée est tout aussi pénible que le chemin qui m’a amenée jusque là :  j’ai l’impression de faire du sur place, d’être attirée par le fond, bref, un vrai cauchemar, mais finalement j’arrive à traverser.

Au moment de passer la porte, une vieille femme laide surgit dans un nuage puant. Son visage est caché par une capuche, impossible de le voir. Mes yeux sont attirés par ses mains,  noueuses comme des branches mortes, car elle tient une grande épée, m’interdisant clairement de passer. Elle me demande pourquoi je veux entrer (sa voix est chevrotante et sifflante à la fois, son ton est moqueur, méprisant). Je lui réponds que je veux m’adresser à la Dame Sombre. Elle pose son épée sur mon coeur et me dit que, pour cela, je dois mourir… et aussi sec, elle me transperce le coeur. La douleur est violente et je perds conscience.

Quand j’ouvre les yeux, je suis de l’autre côté de la porte, allongée face contre terre dans une flaque de sang, devant un feu crépitant. Il n’y a plus de douleur, il fait chaud, c’est agréable, douillet, je me sens bien. La vieille femme est devant le feu, en train de filer de la laine argentée. Elle me regarde me lever et je m’aperçois que le fil argenté est accroché à mon nombril comme un cordon ombilical.

Elle se met à rire, un rire caquetant de sorcière de dessin animé, et me demande si j’ai peur. Je lui réponds « Bin non, je ne risque plus rien puisque je suis morte » (comme si c’était une évidence, et réellement je n’ai pas peur, je veux juste arriver à mes fins et parler à la Dame Sombre). Alors elle porte ses mains noueuses à sa capuche et la retire : elle est terriblement belle, jeune, immortelle, ses yeux sont pleins d’étoiles. Elle me demande si je l’aime, je lui dis oui, elle prend son épée, coupe le fil argenté et me serre dans ses bras en me disant que je suis sa fille et que je peux ressortir de la caverne. Sur un geste de sa main, le mur de la caverne devient transparent : dehors le jour se lève, je sors.

A propos Caitlín Urksa nic Mhorrigan

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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Un commentaire pour Un rêve…

  1. Valiel dit :

    Ouh mon dieu…… puissant. C’est rigolo car il y a des similitudes avec ma rencontre, mais il y a vraiment plein de symboles qui te sont personnels. Ah, ça a dû être horriblement perturbant. ^^ »

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