Les Prophéties de la Morrigan

La Seconde Bataille de Mag Tuired, traduction personnelle

section 166

Alors après que la bataille fût gagnée et que le massacre fût nettoyé, la Morrigan, la fille d’Ernmas, entreprit d’annoncer la bataille et la grande victoire qui s’était déroulée là aux hauteurs royales d’Irlande et aux résidents du sid, à ses eaux principales et aux embouchures de ses rivières. Et telle est la raison pour laquelle Badb raconte toujours les hauts faits. « Avez-vous des nouvelles? » lui demanda alors chacun.

« La paix jusqu’au ciel, le ciel descend vers la terre,
La terre est sous le ciel, la force dans chacun;
Une coupe bien pleine, pleine de miel,
La bière en abondance, l’été en hiver;
La paix jusqu’au ciel »

section 167

Elle prophétisa aussi la fin du monde, prévoyant chaque mal qui se produirait alors, et chaque maladie et chaque veangeance; et elle chanta le poème suivant :

« Je ne saurai voir un monde qui me sera cher :
L’été sans floraison,
Le bétail sera sans lait,
Les femmes sans conscience,
Les hommes sans valeur,
L’honneur sera bien court
Des conquêtes sans roi…
Des bois sans mât.
La mer sans frai…
Faux jugements des vieillards.
Faux précédents des juges,
Chaque homme un traître.
Chaque fils un voleur.
Le fils ira dans le lit de son père,
Le père ira dans le lit de son fils.
Chacun le beau-frère de son frère.
Il ne cherchera pas de partenaire hors de son toit…
Des temps mauvais, le fils trahira son père,
La fille trahira sa mère. »

Le texte en gaélique (source)

section 166
Íar mbrisiud íerum an catha & íar nglanad ind áir, fochard an Morrígan ingen Ernmais do táscc an catha-sin & an coscair móair forcóemnochair ann do rídingnaib Érenn & dia sídhcairib, & dia arduscib & dia inberaiph. Conid do sin inneses Badb airdgníomha beus. ‘Nach scél laut?’ ar cách friai-se ann suide.
‘Sith co nem.
Nem co doman.
Doman fo ním, nert hi cach, án forlann,
lan do mil, mid co saith.
Sam hi ngam, gai for sciath, sciath for durnd.
Dunad lonngarg;
longait-tromfoíd fod di uí ross forbiur benna abu airbe imetha.
Mess for crannaib, craob do scis
scis do áss saith do mac mac for muin,
muinel tairb tarb di arccoin odhb do crann,
crann do ten.
Tene a nn-ail.
Ail a n-uír uích a mbuaib boinn a mbru.
Brú lafefaid ossglas iaer errach,
foghamar forasit etha.
Iall do tir, tir co trachd lafeabrae.
Bidruad rossaib síraib rithmár, ‘Nach scel laut?’
Sith co nemh, bidsirnae .s.’
section 167
Boí-si íarum oc taircetul deridh an betha ann beus, & oc tairngire cech uilc nobíad ann, & cech teadma & gach díglau; coníd ann rocachain an laíd-se sís:
‘Ni accus bith nombeo baid:
sam cin blatha, beti bai cin blichda,
mna can feli, fir gan gail.
Gabala can righ rinna ulcha ilmoigi beola bron,
feda cin mes.
Muir can toradh.
Tuir bainbthine immat moel rátha,
fás a forgnam locha diersit
– dinn atrifit-
linn lines sechilar flaithie faoilti fria holc,
ilach imgnath gnuse ul-.
Incrada docredb-
gluind ili, imairecc catha,
toebh fri ech delceta imda dala braith m-c flaithi forbuid bron sen saobretha.
Brecfásach mbrithiom- braithiomh cech fer.
Foglaid cech mac.
Ragaid mac i lligie a athar.
Ragaid  athair a lligi a meic.
Cliamain cach a brathar.
Ni sia nech mnai assa tigh.
Gignit- cenmair olc aimser immera mac a athair,
imera ingen  …’

le texte en anglais : traduit par Elizabeth A. Gray

section 166
Then after the battle was won and the slaughter had been cleaned away, the Morrigan, the daughter of Ernmas, proceeded to announce the battle and the great victory which had occurred there to the royal heights of Ireland and to its sid-hosts, to its chief waters and to its rivermouths. And that is the reason Badb still relates great deeds. « Have you any news? » everyone asked her then.
« Peace up to heaven.
Heaven down to earth.
Earth beneath heaven,
Strength in each,
A cup very full,
Full of honey;
Mead in abundance.
Summer in winter. . . .
Peace up to heaven . . . »
section 167
She also prophesied the end of the world, foretelling every evil that would occur then, and every disease and every vengeance; and she chanted the following poem:
« I shall not see a world
Which will be dear to me:
Summer without blossoms,
Cattle will be without milk,
Women without modesty,
Men without valor.
Conquests without a king . . .
Woods without mast.
Sea without produce. . . .
False judgements of old men.
False precedents of lawyers,
Every man a betrayer.
Every son a reaver.
The son will go to the bed of his father,
The father will go to the bed of his son.
Each his brother’s brother-in-law.
He will not seek any woman outside his house. . . .
An evil time,
Son will deceive his father,
Daughter will deceive . . . »

A propos Caitlín Urksa nic Mhorrigan

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
Cet article, publié dans Peuple de la Caverne, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

6 commentaires pour Les Prophéties de la Morrigan

  1. Valiel dit :

    Ouuuuhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!!!😀 Je peux, dis, je peux ?😛

  2. Ping : L'Antre de Morrigan

  3. Huath dit :

    Bonjour Morrigan, Je voulais savoir si tu m’autoriserais à utiliser ta traduction pour un article sur la Morrigan à paraitre dans le prochain Lune Bleue.🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s