Les Vénus préhistoriques

Les Vénus préhistoriques sont des statuettes féminines réalisées en ivoire, en pierre tendre (stéatite, calcite, calcaire) ou en terre cuite. Il en a été découvert plus de 200, de dimensions relativement modestes, comprises entre environ 4 et 25 cm. L’aire de répartition est plus vaste que celle de l’art paléolithique, elle comprend la France, l’Angleterre, L’Italie, l’Allemagne, et plusieurs pays de l’est.
La datation de ces statuettes reste imprécise ou impossible, certaines ayant été découvertes avant les fouilles modernes, d’autres étant des trouvailles de surface. En règle générale, les Vénus préhistoriques concernent le début du paléolithique supérieur. La majorité des statuettes montre des femmes debout, les pieds formant une pointe. Les figurations pariétales, les plus souvent stylisées avec exagération de la région fessière, illustrent l’attitude penchée en avant. La position assise est beaucoup plus rarement représentée. La position accroupie, souvent interprétée comme une attitude d’accouchement, ne se trouve que dans deux exemplaires de statuettes (Sireuil et Tursac). La position couchée est encore plus exceptionnelle.
Un certain nombre de caractères généraux peut être dégagé :
· La partie centrale du corps (seins, ventre, fesses, cuisses et sexe) est toujours sur-représentée.
· Les mains, les pieds, les membres supérieurs et les jambes, sont négligés.
· Les traits du visage sont très rarement représentés.
· La fonction exacte de ces statuettes n’est pas connue.

La Vénus de Lespugue
original détérioré lors de sa découverte & reconstitution

Datant de 21 à 25.000 avant l’ère chrétienne, cette statuette haute de 147 mm, taillée dans une pièce d’ivoire de mammouth, est conservée au Musée de l’Homme de Paris. Elle a été découverte en 1922 à Lespugue (Haute-Garonne). Cette pièce est remarquable par sa stylisation extrême qui lui donne un accent de modernité. La tête est petite et ovoïde, dépourvue de détails anatomiques. Elle porte des traits gravés plus ou moins parallèles interprétés comme une figuration de la chevelure. Les seins et les fesses sont très volumineux, pratiquement sphériques. Les jambes sont courtes et se terminent par des ébauches de pieds. Sur la face dorsale, une série de stries part d’un trait horizontal situé sous les fesses. Ces stries ont fait l’objet de nombreuses interprétations, faisant notamment référence à une sorte de pagne.

La Dame de Brassempouy

Datant de  21 000 ans avant J.-C., ce minuscule fragment d’ivoire sculpté (36.5mm) a acquis le statut d’œuvre d’art. Il représente, dans un style réaliste, une tête de jeune femme, soigneusement coiffée, presque un portrait si la bouche n’avait pas été omise, omission qui est volontaire, compte tenu de la virtuosité du sculpteur.

La Vénus de Laussel

Découverte à Laussel (France) et datant de 20 à 23.000 avant l’ère chrétienne, elle a été sculptée en bas-relief de grandes dimensions (0,54 x 0,36 m) sur un bloc calcaire et peinte à l’ocre rouge. C’est un personnage féminin nu tenant dans sa main droite un objet interprété généralement comme une corne de bison. Sur cette corne se trouvent 13 encoches, qui pourraient représenter les cycles lunaires ou les cycles menstruels. Sa main gauche est posée sur son ventre, ce qui semble indiquer qu’elle est enceinte. Ce qui semble être sa chevelure tombe sur son épaule gauche.

La Vénus d’Aix

La Vénus d’Aix est une femme debout, jambes jointes, les avant-bras reposant sur les seins. Poitrine et bassin sont volumineux, un petit ventre rond surmonte un mont de Vénus proéminent. Les fesses remontent et sont séparées par un sillon. La tête est lisse sur le sommet et striée verticalement sur son pourtour. Le cou est marqué par un sillon. Les jambes s’arrêtent en-dessous des genoux, la statuette semble avoir été brisée.

La Vénus de Monpazier

Datant d’environ 30.000 ans avant J.-C., elle a été trouvée en 1970 à la surface d’un labour. Elle est petite, taillée dans de la stéatite verte. Sa vulve bien dessinée, ses fesses pointées en arrière et son ventre projeté en avant lui ont valu le surnom de Polichinelle.

La Vénus de Willendorf

Cette statuette de 110mm, en calcaire oolithique fait partie des plus connues. Elle date de 22 à 25.000 ans avant l’ère chrétienne. Elle représente une femme nue debout, présentant une forte obésité, les bras posés sur d’énormes seins. La tête finement gravée semble être entièrement recouverte par des tresses enroulées, le visage est donc caché. Des restes de pigments laissent supposer qu’originellement la statuette était peinte en rouge.

La Vénus de Dolní Věstonice

Mesurant 110 mm, elle est faite d’argile, cuite à une température assez basse. Elle date de 29 à 25.000 ans avant l’ère chrétienne.

La Vénus de Höhle Fels

Les fouilles de 2008 dans la grotte de Höhle Fels dans le sud-ouest de l’Allemagne ont permis la découverte d’une figurine sculptée dans de l’ivoire de mammouth. Cette figurine est l’un des plus anciens exemples connus de l’art figuratif dans le monde entier. La figurine féminine mesure 6 cm de haut, 3,5 cm de large et 3 cm d’épaisseur. Elle est constituée de 6 morceaux et est presque complète (il ne lui manque qu’une épaule et le bras gauche). La tête de la statuette a été remplacée par un anneau qui a permis de la suspendre et de la porter comme un bijou. C’est l’un des plus vieux bijoux retrouvé en Europe. Plutôt trapue, elle présente une poitrine et des fesses surdimensionnées par rapport aux bras et aux jambes. Les organes génitaux et les fesses sont les éléments les plus détaillés. La figurine présente des incisions horizontales qui s’étendent sur une zone comprise entre la poitrine et la pointe du triangle pubien. Ils pourraient être interprétés comme une enveloppe formant des plis, ou une sorte de vêtement. Les mesures de datation au radio carbone de l’ensemble des strates indiquent un âge compris entre – 31000 et – 40000 ans.
Elle devient donc la plus ancienne vénus trouvée à ce jour et remet en cause la chronologie généralement admise de l’apparition des Vénus au paléolithique.

Ces figurations féminines n’avaient aucune utilité pratique dans le cadre des activités de subsistance. Elles ont le plus souvent été découvertes dans le cadre d’habitats plutôt que dans des sépultures. D’autres ont été trouvées dans un contexte archéologique évocateur de rituels. Mais en l’absence de sources écrites, les théories concernant un culte de la fécondité ou de la Déesse-Mère ne peuvent être évaluées scientifiquement. Reste que pour moi, comme pour bien d’autres personnes, ces figurines sont particulièrement évocatrices de à la Déesse-Mère… L’insistance sur les caractères sexuels féminins, sur les ventres et les seins proéminents, ainsi que l’absence de visage sur nombre de ces statuettes, semble pointer vers une stylisation, un symbolisme. Ces figurines ne sont pas des portraits, ils représentent un concept : la promesse de vie. Pour les peuples préhistoriques, le processus de reproduction était un Mystère empreint de magie. « Les femmes primitives se voyaient comme un mystère. Il y avait un besoin naturel de comprendre des choses comme la menstruation, la grossesse et l’accouchement. De façon évidente, ces choses les différenciaient des hommes dont les corps ne possédaient pas de tels pouvoirs. Pour les primitifs, il y avait certainement là une force magique à l’oeuvre, et apparemment elle ne concernait que les femmes du clan. » (Raven Grimassi The Wiccan Mysteries)

A propos Caitlín Urksa nic Mhorrigan

Païenne, Celte de coeur, créature de la nuit et Ourse des montagnes ; artiste par plaisir, prof par obligation ; Sagittaire/Verseau, à la fois perfectionniste et désordonnée, les pieds ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles.
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5 commentaires pour Les Vénus préhistoriques

  1. Ping : La Muse en mode pinceau | la Caverne de Morrigán

  2. Alastor dit :

    Il serait bon de vérifier vos sources : la vénus d’Aix a été étudiée par le CNRS qui a relevé des traces d’outils métalliques, ils ont pu en déduire qu’elle avait probablement moins de 2 siècles !

  3. dubedout dit :

    Bonjour,

    la photo de la Vénus de Monpazier que vous proposez est en fait celle du « polichinelle » de Grimaldi qui est en stéatite verte. Celle de Monpazier est en limonite, quartz et argile.
    Mais il est vrai que les deux se ressemblent…
    Sinon, joli site

  4. Pour voir une vénus en silex voir mon site http://artifactsenigma@voila.net/ Silex taillé en forme de tronc humain, recouvert d’une épaisse patine,

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